Green Patterns / series 2

DSC_0870

DSC_0869

DSC_0859

DSC_0858

Merete Jepsen, 2017. Moss Sculpture Brachythecium rutabulum, organza, steel pins and foam protection on foam cardboard. 12 cm x 14 cm

merge_test6organzamoss

Merete Jepsen, 2017. Moss Sculpture assembly

Transparency. Flow. Organza. Structures. Textures. Misty wood. Layers. Moss. Seeing through. Looking in.

All artistic works, photographs and texts © Merete Jepsen

Advertisements

Green Patterns / series 2

DSC_0576

DSC_0575

DSC_0574

DSC_0573

DSC_0567

Merete Jepsen, 2017. Floating Moss Brachythecium rutabulum, plaster and organza on foam cardboard. 12 cm x 14 cm

merge_test5_moss

Merete Jepsen, 2017. Floating Moss assembly

Moss. Moss Landscape. Moss holes. Moss sculpture. Moss pattern. Moss expression. Moss.

All artistic works, photographs and texts ©Merete Jepsen

Circular / series 1

DSC_0725

DSC_0726

DSC_0747

DSC_0740

DSC_0750

Merete Jepsen, 2016. Circular Plaster, bubble wrap, organza, rubber band, wire, steel pins on foam cardboard. 14,5 cm x 15,4 cm

Round and round. Circular movements. Zig-zagging between trees. Density. Openness. Circular pools. Collecting water. Light. Shadow. Shallow. Deep. Intermingling. Diversity. Different patterns. Morphological expressions. View points. Materials. Synthetic. Natural. Plastic. Fibres.

All artistic works, photographs and texts © Merete Jepsen

Versailles – Sauvages

Suite à mon article annonçant l’exposition «Versailles-Sauvages» d’Amélie Blachot, je vous livre ici un retour de son exposition que j’ai pu voir au Carré à La Farine, Versailles, exposition montée pour la Nuit de la Création, ou Nuit Blanche à Versailles, le samedi 1er octobre 2016, en vous montrant des photographies de son exposition ;

Je commencerai par deux vues globales suivies d’un court texte expliquant la naissance de ses œuvres par rapport à son analyse globale de Versailles (pour la biographie d’Amélie Blachot et sa démarche artistique liée à la représentation du paysage, vous pouvez vous reporter à mon article précédent) :

 

Amélie Blachot, exposition Versailles-Sauvages, Carré à la Farine, Versailles, Nuit de la Création 1er Octobre 2016 ;

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, exposition Versailles-Sauvages, Carré à la Farine, Versailles, Nuit de la Création 1er octobre 2016;

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, exposition Versailles-Sauvages, Carré à la Farine, Versailles, Nuit de la Création 1er octobre 2016;

A Versailles, les pièces artistiques d’Amélie Blachot prennent la mesure des tracés de la ville et de la surface de l’ancien grand parc ; et naissent de son analyse personnelle de Versailles :

Elle renverse les propos usités “d’hyper-symétrie”, de “régularité imposée allant à l’encontre du site” et de “torture des végétaux”, pour émettre l’hypothèse que l’extrême rigueur du cadre et la linéarité des tracés permettent, par contraste, une émanation des éléments de vie.

Ainsi est né ce terme de “Sauvages”, représentant les éléments et mouvements de nature et du vivant. Quand ‘Versailles’ renvoie à régulier et ‘Sauvages’ à mouvements, la liaison de ‘Versailles’ et de ‘Sauvages’ représente l’opposition entre l’émanation des éléments de paysage et de la vie, et “l’hypergéométrie” de la ville ;

Ces éléments de vie  comme la lumière, l’eau, la brume, les houppiers, les nuages, l’ouverture au ciel, en deviennent encore plus manifestes et magnifiés, ici, à Versailles puisqu’en opposition avec une structure de ville et des tracés très volontaristes.

En ramenant le véritable sens du terme baroque à Versailles et en donnant à voir les «folies» de sa structure, Amélie Blachot nous détourne de la vision réduite de Versailles à la galerie des glaces et aux parterres de broderie…. ; elle replace la ville dans ses tracés et sa forme globale et nous invite, via une vaste installation visuelle et sonore, à une immersion dans les “Sauvages” de Versailles.

Dans son œuvre sur Versailles, la liberté d’expression et le souci du détail artistique sont de la même envergure que la rigueur avec laquelle elle a, entre autres, relevé un à un l’intégralité des arbres de la pièce d’eau des Suisses. Ces gestes forts face à la tenue des détails démontrent ainsi son engagement et relèvent autant d’une pratique d’artiste que d’un projet de paysage.

_______________________________

Suite à ces vues globales et l’avant-propos de l’analyse générale d’Amélie Blachot sur Versailles, vous trouverez ci-dessous une photo pour chacune des 8 œuvres qu’elle a réalisées, accompagnée d’un court texte descriptif.

Parmi les 8 œuvres, une d’elles est une pièce sonore de 58 min qu’elle a réalisée avec Nicolas Gimbert, artiste, et l’aide de Valéry Poulet pour le post-mastering. Cette pièce sonore est postée sur soundcloud (un track ou extrait de 3 minutes de cette pièce sonore est disponible au même lien à la fin de l’article.

Paysages avec Arbres absents

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, 2016. Impressions découpées et collées sur canson blanc 125 gr, 150 x 2000 cm (2 séries de 1000 cm). 1:10

2 séries de 11 arbres chacune issues de deux étoiles symétrique du petit parc de Versailles : étoile des Closeaux et étoile «sans nom», symétriques par rapport à l’axe Est-Ouest du grand canal, situées à l’extrémité Ouest du Grand canal

Ces paysages panoramiques avec arbres absents sont issus de la juxtaposition des tilleuls (Tilia platyphyllos) situés sur le pourtour de deux étoiles du parc de Versailles : l’Etoile des Closeaux et sa «symétrique» par rapport à l’axe du grand canal, l’Etoile ‘sans nom’. Les étoiles sont les points de convergence (carrefours) des chemins ou tracés dans les forêts des parcs historiques comme celui de Versailles. Les étoiles en deviennent des lieux forts en sens, où tous les chemins sont possibles. En formant une clairière, elles sont ouvertes vers le ciel ; comme le sont les arbres qui relient la terre et le ciel. Les absences ou vides des arbres les rendent d’avantages présents. Branche à branche, ils sont côte à côte, à travers l’espace et à travers le temps.

 

Les platanes de la pièce d’eau

2-les-platanes-de-la-piece-deau_photo-merete

Amélie Blachot, 2016. Bombe noire sur canson blanc 125 gr, 150 x 4000 cm (4 séries de 150 x 1000 cm). 1:10

Les quatre séries de 11 platanes chacune représentent 44 arbres existants disposés sur les 4 extrémités intérieures des alignements de platanes de la pièce d’eau des Suisses de Versailles.

La disposition des troncs tous les 1 m, nous renvoie au systématisme des arbres plantés en série, systématisme qui permettrait, selon l’analyse, de révéler le mouvement et la liberté des houppiers. Les Platanes de la pièce d’eau montrent l’unicité de chaque sujet au profit de la répétition d’une même essence.

 

Si Versailles Grand Parc m’était conté

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, 2016. Cercle acier XC75 5 mm de 2,20 m de diamètre, organza avec support fer à béton, rectangle d’or 53 x 85 cm. Pavés de Versailles, plumes blanches de producteurs des Yvelines, compresseur et électrovanne temporisée. 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, 2016. Cercle acier XC75 5 mm de 2,20 m de diamètre, organza avec support fer à béton, rectangle d’or 53 x 85cm. Pavés de Versailles, plumes blanches de producteurs des Yvelines, compresseur et électrovanne temporisée.

Cette création renvoie au système animal qui a pris naissance à l’intérieur du grand parc de Versailles, aux périodes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. En effet, c’est un véritable système grégaire et par conséquence agraire (en vue d’alimenter le gibier et les volatiles) qui s’est mis en place à l’intérieur des murs hauts de 4m du grand parc afin qu’un nombre conséquent et permanent d’animaux soient dévolus aux chasses très fréquentes des rois, quasiment journalières concernant Louis XVI.

Que cela soit chasse à courre ou chasse à tirs, le cercle et disque renvoient aux 44 km de murs entourant le grand parc et à la surface d’origine de 8000 hectares du grand parc, le jet d’air à la chasse et l’ensemble de l’installation renvoie au “système animal”.

 

Vitruve Vinci Versailles

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, 2016. Bombe deep gold sur cannon blanc 125 gr, 250,5 x 249,5 cm en deux parties. 1:750

Avant la naissance de cette pièce, le grand canal et les tracés du petit parc de Versailles ont été superposés via un logiciel informatique à l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci.

L’idée de cette superposition provient de l’analyse globale de Versailles mais aussi de l’étude de Michel Corajoud, Jacques Coulon et Marie-Hélène Loze : «Versailles : lecture d’un jardin», 1982, étude qui aborde le parc sous un angle unique (celui du plan), et pose l’hypothèse que le Nombre d’Or aurait régi la construction du parc. Cette pièce, qui se veut plus comme un hommage à l’étude sus-citée qu’une analyse scientifique rigoureuse, illustre parfaitement l’analyse globale, à savoir que malgré une apparence rigoriste des tracés il se trouve des «folies» dans sa structure. Ces «folies», comme la non symétrie manifeste sur l’ensemble des tracés et très visiblement sur les bras latéraux du grand canal, replace André Le Nôtre comme un paysagiste qui a “fait avec le site” et non comme un “brutaliste”, c’est-à-dire qu’il s’est adapté au terrain préexistant pour dessiner Versailles.

 

Sceau et Ciel

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, 2016. Suspension en tissu de soie jaune sur cercle de 2,20 m de diamètre. 1:750

Cette pièce est une représentation d’une image, d’une lecture possible de la naissance du paysage ; celle d’un sceau apposé sur un «paysage canopée». Le grand canal devient seule et unique, gravé, comme une marque au fer rouge, sur un paysage de soie, gonflé par gravité. Image créée à l’inverse, ce miroir du sceau nous renvoie ainsi directement au ciel ; à ce ciel ou infini vers lequel André Le Nôtre semblait vouloir nous amener.

Sceau ou empreinte, à jamais, sa couleur jaune renvoie également à un élément de paysage très particulier à Versailles : sa lumière jaune crue, lumière soleil, qui sort du ciel comme si il eut été éventré et se déverse comme une matière, très fine et décidée, sur tous les plans horizontaux, les lignes de construction de la ville, les alignements de façades, les troncs verticaux des arbres.

 

Soirs d’Hiver

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, 2016. Bombe jaune souffre sur chanson blanc 125 gr, 150 x 100 cm x 4 arbres. 1:10

Lumière jaune crue, lumière ‘matière’, la lumière de Versailles s’appose sur les troncs, sur toute la structure des arbres en hiver, faisant irradier leurs contours, transformant troncs et branches en raies de lumière et où l’irradiation ramène à l’élément feu à la pièce d’eau, ainsi en phase avec ses quatre éléments. Aussi, de même que «Sceau et Ciel», la couleur jaune représente la lumière jaune crue très spécifique à Versailles, lumière qui s’appose comme une matière sur tous les éléments verticaux et horizontaux de la ville.

 

Versailles : lecture d’un territoire

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, 2016. Bombe noir sur chanson 125 gr, 435 x 300 cm en deux parties. 1:7500

Car l’image de Versailles de par le monde est trop souvent arrêtée à la galerie des glaces et au hameau de la reine, car l’analyse des ‘détails’ des parterres de broderie et des topiaires prennent une place dépassant souvent l’analyse de site globale, il a été choisi cette échelle, amenant à une peinture en diptyque des courbes de niveau à l’échelle du 1/7500ème et mesurant 4,50m x 3m. Les courbes nous dépassent et nous forcent à reculer pour revoir et retrouver Versailles dans l’ensemble de son territoire.

 

Versailles Sauvages Sonore

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Amélie Blachot, 2016, 58min36sec. Pièce sonore en collaboration avec l’artiste Nicolas Gimbert. Post-mastering Valéry Poulet.

 

Montage réalisé à partir de + de 80 pistes enregistrées à même le territoire et la ville de Versailles. La plupart de ces «points sonores» sont localisés sur un plan d’ensemble de la ville

A la naissance de cette pièce sonore, un postulat : celui qu’étant placé face à certaines perspectives, dans certains lieux de Versailles, nous pourrions être encore en 1780. Quel est l’élément qui nous ramène en 2016 ? : Le son ; Les voitures, motos, scooter, les avions, les sons numériques, les débroussailleuses, épareuses…

La pièce sonore, d’une durée d’1 heure environ, est ainsi montée en deux parties : La première partie renvoie à des sons qui pouvaient exister potentiellement au 18e siècle (chevaux, oiseaux, chiens, cloches, porte de la cathédrale Saint-Louis, trompes de chasse, orgue, tirs de pistolet…) et la deuxième mêle des sons qui pouvaient déjà exister avec les sons de notre époque (oiseaux et moteur, orgue et avions…).

Cette pièce sonore spatialise également Versailles d’une autre manière qu’un plan en nous amenant via les sons dans des lieux précis (par exemple, les planeurs nous emmènent à Saint-Cyr, les sons de rails à la gare des Chantiers, les hélicoptères à au camp de Satory…). Elle permet ainsi de replacer la ville dans son entier et dans son territoire.

Trouvez la pièce sonore dans son intégralité ici :

 

Toutes les pièces artistiques, photographies, textes, visuels et graphisme ©Amélie Blachot

All artistic works, photographs, texts, visuals and graphics ©Amélie Blachot